Comprendre le déclin du Salon des Blogueurs Voyage et ses conséquences

Pourquoi l'événement phare du voyage digital a disparu et comment les créateurs de contenu s'organisent en 2026.

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Le Salon des Blogueurs Voyage, ce petit bout de rêve pour beaucoup d'entre nous passionnés de destinations lointaines et d'histoires à raconter, a marqué une époque. Autrefois lieu incontournable de rencontres, d'échanges et de collaborations, il a aujourd'hui disparu des radars. En 2026, son absence reste palpable, mais le monde du voyage digital a su s'adapter.

Cet article revient sur sa chute, les raisons de son silence, et surtout ce que les blogueurs font maintenant pour exister.

Illustration du déclin du Salon des Blogueurs Voyage avec des icônes représentant les changements dans l'industrie

L'âge d'or du Salon des Blogueurs Voyage : un catalyseur de rencontres

Tout a commencé en 2014, quand Xavier Berthier lance une idée simple : réunir ceux qui parlent de voyage en ligne avec ceux qui le font vivre. Le concept prend feu dès la première édition à Cannes. En deux jours, 75 blogueurs se retrouvent face à des représentants d'offices de tourisme, de compagnies aériennes, d'hôtels. Une alchimie se crée. Ce n'est plus du rêve, c'est du concret.

La machine s'emballe. En 2015, le salon s'installe à Ajaccio. Plus grand. Plus dense. Puis en 2016, il traverse la frontière, direction Bruxelles. Là, 170 blogueurs et 65 exposants se croisent dans les allées du Bel, un bâtiment aussi impressionnant que futuriste. Des blogtrips sont organisés en amont. Des conférences tournent autour du SEO, de la création d'image, du storytelling. Le hashtag #WAT inonde Twitter, atteignant des millions d'utilisateurs en quelques heures.

Et puis les années passent. Saint-Malo. Millau. Et enfin Lille, en 2019, avec la Métropole Européenne de Lille en tant que partenaire majeur. Plus de 126 marques. 250 blogueurs. Un événement qui ressemble désormais à un petit festival du voyage digital. Des trophées sont remis, des partenariats signés, des amitiés scellées autour d'un verre après une journée bien remplie.

Ce que le salon offrait aux créateurs de contenu

Chaque édition apportait son lot de bénéfices concrets. Pour les blogueurs, c'était l'occasion de sortir de leur bulle. Enfin, un lieu physique où rencontrer des marques sans passer par vingt emails. Des speed-datings organisés permettaient de pitcher son blog en quelques minutes. En face, des professionnels du tourisme curieux, parfois sceptiques au départ, découvrent ce qu'est un blogueur voyage. Pas un journaliste, non. Mais un créateur de contenu authentique, avec une audience fidèle.

Les conférences, elles, formaient. Beaucoup arrivaient en pensant que publier une photo valait tout. Ils repartaient avec des notions de stratégie éditoriale, de droits d'auteur, de monétisation. Certains ont même appris à gérer leur activité comme une micro-entreprise. Le salon devenait un tremplin, une porte d'entrée vers une professionnalisation réelle.

Et puis il y avait l'humain. La possibilité de dire bonjour à quelqu'un qu'on ne connaissait que par écran interposé. Une poignée de main. Un café partagé. Une session photo improvisée. Ces moments-là, on ne les trouve pas dans un email ou un DM. Le salon, c'était ça aussi. Une communauté qui prenait forme, grandissait, se solidarisait.

La pandémie de Covid-19 : le coup d'arrêt fatal pour l'événement

En 2020, tout bascule. La 7e édition est annoncée, avec un nouveau concept : fusionner le Salon des Blogueurs de Voyage avec le SiWeb, pour toucher aussi bien les influenceurs beauté, food ou mode. L'idée est ambitieuse. Le lieu ? Mandelieu-la-Napoule. La date ? Mars. Puis juin. Puis octobre.

Mais le virus arrive. Les frontières se ferment. Les voyages deviennent impossibles. Le salon est reporté. Puis annoncé à nouveau. Puis… plus rien. Les inscriptions payantes restent sans réponse. Le site disparaît en mars 2021. Aucune communication. Un silence total.

Ce n'est qu'en 2023 que la vérité éclate. We Are Travel, la société derrière l'événement, est placée en redressement judiciaire. Puis en liquidation. Officiellement, le rêve s'achève. Les blogueurs qui avaient payé leur place pour 2020 ou 2021 ne seront jamais remboursés. Une amertume s'installe. Pas de colère, non. Plutôt un vide. Comme quand un lieu familier ferme ses portes sans prévenir.

Les raisons d'un effondrement annoncé

Toutefois, la pandémie n'est pas la seule coupable. Elle a été le coup de grâce, mais le modèle était déjà fragile. Le salon reposait sur deux piliers : les entrées des exposants et les inscriptions des blogueurs. Un équilibre précaire. Pas de mécénat fort. Pas de soutien institutionnel à grande échelle. Pas de diversification des revenus.

Et puis il y a eu l'évolution du numérique. En 2019, les réseaux sociaux étaient déjà puissants. En 2021, ils sont devenus incontournables. Pourquoi se déplacer, payer un billet d'avion, une nuit d'hôtel, pour un speed-dating de trois minutes, quand on peut négocier un partenariat via Instagram ou LinkedIn ?

Enfin, la logistique. Chaque édition demandait un travail colossal : coordination des villes hôtes, gestion des partenaires, logistique événementielle. Un seul homme à la barre, même passionné, finit par s'épuiser. Sans structure solide derrière, l'effondrement était peut-être inévitable.

Testez votre connaissance du secteur du voyage digital

Quel facteur a le plus contribué à la disparition du Salon des Blogueurs Voyage ?
La pandémie de Covid-19
L'évolution des réseaux sociaux
La concurrence des événements régionaux
Le manque de financement

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Pourquoi personne n'a pris la relève ?

Ça, c'est la question qui tue. Pourquoi, en 2026, aucun acteur n'a relancé ce format ? Pourquoi personne n'a saisi le flambeau ? La réponse est simple : personne n'a les épaules pour assumer un tel projet.

Organiser un salon de cette ampleur, c'est prendre un risque financier énorme. Même avec des inscriptions, les coûts de location de salles, de restauration, de communication, de sécurité, grimpent vite. Et en cas de pépin ? Une grève des transports. Une crise sanitaire. Une catastrophe naturelle. Tout peut faire capoter l'événement.

Ensuite, il y a la concurrence. Le monde du voyage n'est plus ce qu'il était en 2014. Les marques ont leurs propres équipes de communication digitale. Elles organisent leurs propres événements. Elles lancent des campagnes sans passer par des blogueurs. Le marketing d'influence existe, mais il est plus ciblé, plus mesuré.

Et puis, il y a la fragmentation du secteur. Aujourd'hui, on ne parle plus de blogueurs voyage, mais de créateurs de contenu luxe, aventure, famille, slow travel, rural, urbain. Chacun a sa niche. Un salon généraliste peinerait à rassembler tout le monde. Trop large. Trop cher. Trop compliqué.

Chronologie de l'évolution du secteur du voyage digital de 2014 à 2026

Après le salon : comment les blogueurs voyage s'organisent en 2026

Le vide laissé par We Are Travel n'est pas resté vide longtemps. De nouveaux formats sont apparus. Moins visibles, mais tout aussi efficaces.

Les collaborations se font désormais en amont, sans intermédiaire. Un blogueur contacte directement un office de tourisme. Il envoie un dossier de présentation. Il propose un contenu. S'il est bon, la réponse arrive. Pas besoin d'attendre un salon. Et ça va vous permettre de gagner du temps.

Les blogtrips, eux, continuent. Mais ils sont plus petits. Plus ciblés. Des groupes de 5 à 10 personnes, invités pour découvrir une destination en profondeur. Moins de standing. Plus de sincérité. Et surtout, plus de liberté créative.

2022

Émergence des événements régionaux

Des formats plus accessibles apparaissent à Bordeaux, Nantes, Lyon. Moins chers, plus proches du terrain.

2023

Spécialisation des contenus

Les créateurs se segmentent par niches : luxe, aventure, famille, slow travel.

2024

Digitalisation des rencontres

Les speed-datings se font sur Zoom, les présentations par visioconférence.

2025

Partenariats directs

Les marques contacter les créateurs via LinkedIn et Instagram.

2026

Écosystème mature

Un marché équilibré entre créateurs et marques sans intermédiaire.

Les nouvelles règles du jeu pour les créateurs

En 2026, la donne a changé. Pour exister, il ne suffit plus d'aller à un salon. Il faut construire. Progressivement. Sérieusement.

La visibilité en ligne est devenue la clé. Sans une audience engagée sur Instagram, TikTok ou YouTube, aucune marque ne vous contactera. Pas parce qu'elle ne veut pas, mais parce qu'elle ne vous verra même pas. Les algorithmes décident. Et ils sont impitoyables.

Il faut donc publier régulièrement. Proposer du contenu de qualité. Raconter des histoires vraies. Montrer des coulisses. Être transparent. Les gens n'achètent plus du rêve. Ils achètent de l'authenticité. Du vécu. Du sincère.

Et il faut savoir se vendre. Pas de manière arrogante. Mais en montrant ce qu'on apporte. Un bon dossier de présentation, avec des statistiques, des exemples de collaborations passées, des retombées mesurables, ça fait toute la différence.

Les blogueurs beauté ont compris ça depuis longtemps. Ils savent que leur crédibilité repose sur la régularité, la qualité de l'image, et la capacité à faire vibrer leur audience. Et bien, les blogueurs voyage doivent faire pareil.

Cultiver sa présence en ligne : la clé du succès pour les blogueurs voyage en 2026

Internet est devenu le nouveau salon. Votre site, vos réseaux, votre newsletter, c'est là que se joue tout. Pas besoin d'un badge ou d'un programme imprimé. Juste besoin d'un bon téléphone, d'un peu de lumière, et d'une histoire à raconter.

Mais attention, ce n'est pas une course à la quantité. C'est une course à la qualité. Un seul article bien écrit, bien illustré, bien référencé, peut valoir mille posts jetés en l'air. Le temps, il faut le prendre.

Et puis il faut savoir s'entourer. Parler avec d'autres créateurs. Échanger. S'entraider. Pas pour copier, mais pour apprendre. Parce que personne ne sait tout. Parce que derrière chaque écran, il y a une personne, avec des doutes, des peurs, des rêves.

Élément clé Importance en 2026 Conseil d'action
Audience engagée Essentielle Publiez 3 fois par semaine minimum
Qualité du contenu Primordiale Investissez dans un bon équipement photo
Présentation professionnelle Cruciale Créez un media kit complet
Réseau de contacts Stratégique Participez aux événements locaux
Authenticité Différenciante Montrez vos échecs et vos réussites

Les grandes heures du Salon des Blogueurs Voyage sont peut-être derrière nous. Mais le besoin de rencontres, d'échanges, de reconnaissance, lui, est toujours là. Il a juste changé de forme. Il est passé du physique au digital. Du collectif à l'individuel. Du concentré à l'organique.

Et peut-être que c'est mieux comme ça. Moins de paillettes. Plus de fond. Moins de bruit. Plus de sens.

Questions fréquentes

Pourquoi personne n'a pris la relève ?

Parce que le modèle économique était fragile, que l'organisation était colossale, et que les marques ont désormais d'autres canaux de communication. Reprendre un tel événement demande des ressources humaines, financières et logistiques que peu d'acteurs sont prêts à engager.

Où les petits nouveaux pouvaient plus facilement se faire connaître lors de speed-dating sur le salon, aujourd'hui si vous n'avez pas un minimum de visibilité sur les réseaux sociaux c'est presque impossible de demander un partenariat.

C'est exact. Aujourd'hui, votre profil social est votre carte de visite. Sans une audience minimum, il est difficile d'attirer l'attention. Mais ça ne veut pas dire que c'est impossible. Beaucoup ont commencé de zéro. Le secret ? Être régulier, authentique, et persévérant. Et parfois, un seul contenu viral peut tout changer.

Les blogtrips existent-ils toujours ?

Oui, mais ils sont plus ciblés et plus petits. Les marques organisent des groupes de 5 à 10 créateurs pour découvrir une destination en profondeur, plutôt que de grands événements collectifs comme avant.

Comment les blogueurs peuvent-ils se faire connaître sans salon ?

Via les réseaux sociaux, les événements régionaux, les collaborations directes avec les marques, et en développant une audience engagée sur leur propre plateforme (site, newsletter).

Les salons numériques remplacent-ils les salons physiques ?

Ils coexistent. Les salons numériques facilitent les premiers contacts, mais les événements physiques restent importants pour sceller des partenariats et créer des liens humains forts.

Quel est l'avenir du blogging voyage ?

Le secteur évolue vers plus de spécialisation et de professionnalisation. Les créateurs doivent devenir des experts de leur niche tout en maîtrisant les aspects business de leur activité.

Conclusion : une transformation nécessaire

La disparition du Salon des Blogueurs Voyage marque la fin d'une ère, mais aussi le début d'une nouvelle façon de concevoir les relations entre créateurs de contenu et acteurs du tourisme. Si cette évolution a été brutale pour certains, elle a permis une maturation du secteur et une individualisation des parcours professionnels.

En 2026, réussir dans le voyage digital ne dépend plus d'un événement annuel, mais d'une stratégie continue de création de valeur, de construction d'audience et de développement de relations authentiques. Le secteur est plus mature, plus exigeant, mais aussi plus riche en opportunités pour ceux qui savent s'adapter.

L'essentiel reste inchangé : raconter des histoires vraies, créer du lien avec son audience, et offrir une valeur unique aux partenaires. Le canal a changé, pas la mission.